5 minutes avec … Madame Gyvinne Koh, fondatrice de la société Eduroam Sdn Bhd, et Monsieur Christian Wachtmeister, gérant de la succursale allemande edu8 GmbH

Recruter des apprenti·e·s et du personnel soignant originaires de Malaisie et du Viêt Nam et organiser leur venue en Allemagne : voilà le cœur de l'activité de la société Eduroam Sdn Bhd. Le siège social de cette entreprise se trouve à Petaling Jaya, un quartier de Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie. En juillet 2020, l'entreprise a osé faire le grand saut vers l'étranger et a ouvert une succursale dans la région de Straubing en Basse-Bavière. Afin de connaître les raisons qui ont poussé cette entreprise à s'implanter en Bavière ainsi que les objectifs de cette dernière pour l'avenir, nous nous entretenons aujourd'hui avec Madame Gyvinne Koh, fondatrice de la société Eduroam Sdn Bhd, et Monsieur Christian Wachtmeister, gérant de la succursale allemande.

Madame Koh, vous avez fondé l'entreprise Eduroam Sdn Bhd en Malaisie il y a trois ans et aidé depuis, avec succès, des jeunes gens d'Asie du Sud-Est à entreprendre des études en Allemagne. Comment cette idée d'entreprise est-elle née ?
 

Les étudiant·e·s d'Asie sont très motivé·e·s à l'idée d'acquérir de l'expérience à l'étranger, mais la majorité d'entre eux·elles ont tendance à envisager des études principalement dans des pays anglophones tels que les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie. Tel est le cas notamment en Malaisie.

Personnellement, j'ai connu de très bonnes expériences lors de mes études en Allemagne et j'ai le sentiment que ce pays a beaucoup à offrir. Depuis de nombreuses années, la plupart des étudiant·e·s de Malaisie sont boursier·ère·s et perçoivent à ce titre une aide financière de la part du gouvernement. Pour les futur·e·s étudiant·e·s qui ne perçoivent pas cette aide, il est difficile d'obtenir des informations précises quant à la possibilité de faire des études en Allemagne. Il existe un manque de savoir-faire et d'accompagnement, par exemple au regard d'affaires administratives telles que le visa et l'inscription à l'université.

Étant donné que de plus en plus de mes ami·e·s me demandaient de l'aide concernant les études en Allemagne, j'avais l'intime conviction que je ne devais pas aider que mes ami·e·s mais également chaque étudiant·e qui envisage l'option de faire des études en Allemagne.
 

Monsieur Wachtmeister, en tant que gérant de la succursale allemande, vous avez pris part à la décision du site d'implantation en Allemagne. Quels ont été les arguments qui ont plaidé en faveur d'une implantation de la société Edu8 GmbH en Bavière ? Pour quelles raisons avez-vous opté pour la région de Straubing ?
 

D'une part, la Bavière abrite un grand nombre d'établissements d'enseignement supérieur de renommée internationale, qui jouissent d'une excellente réputation en Asie du Sud-Est, surtout dans les disciplines techniques. Par conséquent, ces dernières années, un grand nombre de nos étudiant·e·s ont opté pour un cursus de formation en Bavière, et nous souhaitons garantir un accompagnement efficace à travers une proximité spatiale.
D'autre part, la Bavière abrite également un grand nombre d'entreprises, d'établissements de soins, de cliniques et d'hôpitaux qui affichent un besoin immense en personnel déjà qualifié ou futurs spécialistes. Avec notre offre et nos interlocuteurs locaux, nous proposons dans ce cadre des solutions durables en vue du recrutement et de la disponibilité d'une main d'œuvre qualifiée. Par ailleurs, je suis bavarois d'origine et nombreux sont les Asiatiques qui ont une image positive de la Bavière en tête, comme une région où il fait bon vivre, lorsqu'ils parlent de l'Allemagne.
 

Comment avez-vous fait connaissance de l'institution « Invest in Bavaria » ? À quels niveaux le soutien d'Invest in Bavaria s'est-il révélé particulièrement important et significatif pour vos projets ?
 

J'ai pris connaissance de l'existence de l'institution « Invest in Bavaria » il y a plusieurs années, dans le cadre de mon activité professionnelle, et les interlocuteurs que j'ai eus m'ont beaucoup aidé et soutenu au regard de différents questionnements dans le cadre d'autres projets.

Afin de garantir la disponibilité d'une main d'œuvre qualifiée pour les entreprises et structures bavaroises, nous aspirons à collaborer avec des associations, des chambres et des entreprises, et nous réjouissons d'ores et déjà de précieux contacts de réseau par le biais d'Invest in Bavaria.
 

Madame Koh, votre entreprise collabore également avec des établissements d'enseignement supérieur bavarois. Pourriez-vous nous donner un exemple concret d'une collaboration fructueuse ?
 

Au début, nos étudiant·e·s ne connaissaient que les universités techniques du réseau TU9, telles que l'université technique de Munich (TU München) ou l'université d'Aix-la-Chapelle (RWTH Aachen). Depuis, nous nous sommes adressés à l'université technique de Deggendorf (TH Deggendorf) ainsi qu'à d'autres universités allemandes, et avons fait la promotion de ces dernières en Malaisie. Par exemple, l'université TH Deggendorf offre des cursus intéressants dans le domaine de l'industrie 4.0, qui sont très importants et très demandés dans l'industrie.

Nos étudiant·e·s en apprennent davantage sur l'université TH Deggendorf et son offre. Ainsi, il·elle·s peuvent mieux évaluer où il·elle·s souhaitent étudier. Parallèlement, l'université TH Deggendorf se forge peu à peu une solide réputation auprès des étudiant·e·s malaisien·ne·s.
 

Monsieur Wachtmeister, vous avez vécu et travaillé pendant plus de cinq ans en Asie du Sud-Est. Que pensez-vous d'après votre expérience ? L'empreinte culturelle malaisienne et vietnamienne s'accorde-t-elle avec la culture allemande ou existe-t-il des potentiels de conflit ?
 

Pour moi, la Malaisie et cette région sont comme ma deuxième maison, et grâce à mon activité professionnelle là-bas ainsi qu'à des amitiés de longue date, j'ai pu obtenir un bon aperçu de la société et de la culture. Bien évidemment, il existe des différences dans l'empreinte culturelle, mais il ne fait nul doute que les deux côtés peuvent apprendre et profiter beaucoup l'un de l'autre. D'ailleurs, une étude récemment publiée par McKinsey a révélé que les équipes avec une forte diversité ethnique étaient plus efficaces à plus d'un tiers.

Toutefois, une pleine conscience de cette empreinte culturelle différente est nécessaire.

Grâce à nos cours et coachings dans le domaine de l'interculturalisme, nous préparons aussi bien les collaborateur·rice·s futur·e·s originaires d'Asie que les entreprises à une collaboration pérenne fructueuse.
 

Madame Koh, lors de notre échange, vous avez évoqué votre désir de développer votre portefeuille de services entre l'Asie du Sud-Est et l'Allemagne avec la succursale edu8 GmbH. À quoi ces projets ressemblent-ils ?
 

À Kuala Lumpur, en Malaisie, nous exploitons d'ores et déjà une école de langues pour l'apprentissage de l'allemand en tant que langue étrangère, où nous offrons une formation jusqu'au niveau C1. Sous la responsabilité de notre site en Bavière, nous allons étendre notre offre dans le domaine du e-learning et ainsi proposer notre offre de cours linguistiques à d'autres pays d'Asie du Sud-Est.
 

Et comme nous l'avons déjà évoqué, nous allons aider les entreprises et structures du secteur des soins et de la santé à pourvoir leurs postes vacants. Nombreux sont les pays d'Asie du Sud-Est où la formation aux métiers de la santé dépasse les besoins, et les nouveaux·elles diplômé·e·s sont pleinement motivé·e·s à l'idée d'exercer en Allemagne. 
 

Par ailleurs, nous avons également pour objectif d'aider les entreprises dans leur recherche d'apprenti·e·s. Dans la région d'Asie du Sud-Est, la formation professionnelle en alternance gagne en importance à l'instar de l'Allemagne. L'avantage considérable que présente une formation mêlant la théorie à la pratique est reconnu non seulement par les organismes étatiques et les instances économiques, mais également par les parents et les élèves. Dans ces pays, l'Allemagne est perçue non seulement comme un site technologique innovant, mais également comme le berceau et la patrie de la formation professionnelle. C'est ainsi que de nombreux jeunes des pays émergents d'Asie du Sud-Est éprouvent le désir de réaliser leur formation professionnelle en Allemagne et d'y travailler et d'y vivre également à long terme.
 

De cette tendance naît une opportunité unique pour les entreprises allemandes de s'assurer de la main d'œuvre qualifiée à long terme. Dans le cadre d'une formation professionnelle solide, les jeunes gens découvrent le champ d'activité et l'entreprise de manière approfondie, et ressortent donc très bien armés pour une activité et une évolution de carrière prospère et durable en Allemagne.
 

Monsieur Wachtmeister, chez Invest in Bavaria, nous accompagnons des entreprises internationales dans leur implantation en Bavière. Votre entreprise attire des jeunes gens d'Asie du Sud-Est à faire des études en Allemagne et les prépare à cette fin. Auriez-vous un « tuyau » concernant l'Allemagne, que vous pourriez donner non seulement à vos étudiant·e·s mais également à un investisseur qui souhaite s'orienter vers la Bavière ?
 

Même si dans de nombreuses entreprises voire même dans les établissements d'enseignement supérieur, on parle très souvent anglais, avoir des connaissances en allemand est souvent la clé pour mieux comprendre les gens et la culture. Ainsi, ne serait-ce qu'un petit « papotage » en bonne compagnie permet d'obtenir un aperçu profond et authentique de la culture bavaroise et peut être le début de longues années d'amitié.
 

Avec ses universités de classe mondiale, ses entreprises internationales en quête de talents, et son secteur de la santé aux multiples facettes, la Bavière nous offre de très bonnes conditions générales pour une expansion en Europe.