5 minutes avec … Laurens Faure, gérant et cofondateur de Sandhelden GmbH & Co. KG

Un intérieur en sable créé par une imprimante 3D : une idée peu commune, née dans l’esprit de Laurens Faure. Dans la commune allemande de Gersthofen, près d’Augsbourg, la société produit des lavabos esthétiques ainsi que des vases et des coupes décoratifs à l’aide d’imprimantes 3D. Les clients de la start-up ont la possibilité de configurer leurs objets d’intérieur sur Internet au gré de leurs envies. Une preuve que l’usage novateur de différents matériaux est plus demandé que jamais et ce, pas uniquement dans le domaine commercial.

Laurens Faure

Généralement, les éléments sanitaires traditionnels sont fabriqués par moulage. Comment avez-vous eu l’idée d’utiliser l’impression 3D ?
Au départ, il s’agissait seulement de fabriquer un prototype pour nos designs. À l’époque, nous les faisions déjà imprimer en 3D mais en plastique. Pas vraiment le top pour les sanitaires et une matière pas vraiment rentable non plus. Puis, nous avons découvert l’impression 3D de sable et nous avons vite identifié le potentiel de ce procédé. D’une part, il nous permet de proposer un matériau inédit sur le marché et d’autre part, d’offrir une personnalisation totale pour les modèles individuels. Ces deux aspects représentent aujourd’hui notre principal argument concurrentiel sur le marché et font notre distinction.

Pourquoi utilisez-vous le sable comme matériau pour fabriquer votre vos lavabos et quels avantages votre procédé apporte-t-il à vos clients ?
Nous avons découvert le sable par hasard car il est très usité dans la technologie 3D que nous utilisons. Mais ce fut aussi une aubaine pour nous, le sable étant associé au calme et possédant des propriétés thermiques très utiles dans la salle de bains. Par exemple, ce matériau stocke très bien la chaleur. De plus, une fois que nous l’avons transformé, le sable présente une importante froideur semblable au béton armé en termes de contraintes de compression.
Mis à part le sable, cette technologie offre aussi un avantage de taille par rapport aux techniques d’impression 3D conventionnelles. Nous sommes ainsi à même d’imprimer jusqu’à 60 lavabos en l’espace de 24 heures. Cela nous permet de produire des quantités au-delà des petites séries.

Imprimante 3D

Vous êtes originaire de Lübeck dans le Land de Schleswig-Holstein, mais vous vivez désormais dans la commune bavaroise de Gersthofen. Qu’est-ce qui vous a poussé à changer de lieu ?
Tout d’abord, la plupart de nos partenaires de développement se trouvent en Bavière. En matière de fabrication additive (impression 3D), la Bavière est l’une des régions les plus importantes au monde. C’est donc le lieu idéal pour nous, en particulier en raison de ses divers fabricants de machines et équipements (ExOne, VoxelJet, EOS, etc.). Par ailleurs, les conditions économiques ainsi que la promotion et le soutien apportés par l’État de Bavière (Innovationsgutschein Bayern) ont été un facteur important dans le choix de cet emplacement. Enfin, l’amabilité des gens et le paysage d’une grande beauté sont bien sûr la cerise sur le gâteau.

Quels défis devez-vous relever avec votre modèle économique ?
Nous ne sommes qu’un petit fabricant sur le marché immense des sanitaires, ce qui nous oblige à suivre d’autres voies stratégiques pour nous affirmer. Au niveau du marketing, nous nous concentrons notamment sur les réseaux sociaux (Instagram et Cie.) utilisés par la majorité de nos clients potentiels. En outre, le sable nous permet d’offrir sur le marché un nouveau matériau qui suscite à la fois l’émerveillement mais aussi la méfiance chez nos clients. Voilà pourquoi il nous a fallu convaincre de bonnes références et des partenaires solides de notre idée afin d’instaurer la confiance. Ce furent pour nous les obstacles les plus difficiles à surmonter.

Un lavabo de Sandhelden

Quel a été à ce jour le plus grand exploit dans l’histoire de votre entreprise et quel a été le plus grand échec ?
Le plus grand exploit a été l’accord de distribution avec notre grossiste sanitaire du groupe GC. Grâce à lui, nous sommes actuellement disponibles dans plus de 200 expositions de salles de bains ELEMENTS en Allemagne et au Luxembourg et représentés dans une vingtaine d’expositions avec nos produits. Bien sûr, nous essayons continuellement d’élargir notre présence dans ces expositions.
En ce qui concerne notre plus grand échec, je dirais que cela a été notre naïveté à nos débuts. Évidemment, nous avons beaucoup appris ces dernières années, mais nous avons été trop optimistes au départ et nous aurions dû nous occuper beaucoup plus des détails. Cela nous a certainement fait perdre beaucoup de temps et nous pourrions en être plus loin aujourd’hui. Mais cela fait partie du jeu.

Quel conseil pourriez-vous donner aux jeunes entrepreneurs ? Qu’est-ce que vous auriez aimé savoir avant ?
J’aurais bien sûr aimé avoir à l’époque les connaissances que j’ai aujourd’hui. Mais ce n’est malheureusement pas possible. Je ne peux donner qu’un seul conseil, à savoir qu’il faut toujours croire en ses idées mais qu’il faut aussi être prêt à les adapter. C’est pour cette raison qu’il est important de parler avec beaucoup de gens et d’écouter leurs commentaires. Cela arrive à tout le monde de faire des erreurs, mais il faut savoir en tirer des leçons. Personne n’est infaillible et personne ne l’exige de l’être non plus.

L’union fait la force. Quelle coopération joue un rôle très important pour vous ou vous satisfait le plus ?
Nous avons beaucoup de partenariats, c’est donc difficile d’en citer un en particulier. Nous sommes tout bonnement satisfaits de pouvoir participer à un si grand nombre de projets ainsi que d’échanger notre savoir et de concrétiser des projets avec de grandes sociétés. Outre nos produits sanitaires, nous proposons aussi depuis quelques mois nos procédés à titre de services, ce qui fait l’enthousiasme notamment des artistes, des designers et des architectes. Nous connaissons une forte croissance dans ce domaine, chaque projet étant différent des autres. C’est un travail satisfaisant car il n’y a pas de routine et nous devons relever toutes sortes de défis.

La Bavière est l’une des régions d’excellence en matière de fabrication additive (impression 3D). Par ailleurs, elle propose un grand nombre de programmes de subvention et d’organisations de soutien très intéressants, en particulier pour les jeunes entreprises.

Quelles sont les autres idées que vous voulez développer à l’avenir ?
Nous voulons absolument étoffer notre gamme de matériaux. Cette technologie est conçue de manière à pouvoir théoriquement imprimer n’importe quel matériau sous forme de poudre. Dans la pratique, nous le testons d’ores et déjà sur le plastique recyclé où, grâce à des subventions, nous sommes en partenariat avec l’institut Frauenhofer IGCV afin d’y parvenir. Nous prévoyons aussi pour plus tard des matériaux supplémentaires.
Par ailleurs, nous envisageons d’élargir notre offre de services. La demande y est immense. À l’heure actuelle, nous faisons partie des rares entreprises capables de transformer et d’affiner les pièces de sable imprimées en 3D selon les attentes des clients.
 
De nos jours, l’impression 3D permet de réaliser beaucoup de choses : y a-t-il un ouvrage en Bavière qui vous impressionne tellement sur le plan architectural que vous aimeriez le reproduire avec une imprimante ?
Bien sûr, il y en a plein. Munich, en particulier, a beaucoup à offrir. Concrètement, nous avions songé de reproduire le stade Allianz-Arena. Mais nous devons certainement obtenir l’accord du FC Bayern pour des raisons juridiques. Sinon, nous aimerions imprimer un grand panorama des montagnes bavaroises. Le résultat serait vraiment spectaculaire, étant donné que nous pouvons imprimer à une longueur maximale de 4 m.

Laurens Faure explique dans cette interview comment fonctionne la fabrication additive chez Sandhelden :

En savoir plus sur l‘écosytème bavarois de start-ups dans notre campagne: www.invest-in-bavaria.de/start-ups

Sandhelden GmbH & Co. KG

En Bavière depuis:

2018

Type d'activité en Bavière:

siège social

Secteur:

impression 3D

Siège:

Gersthofen près d'Augsbourg

Savoir plus:

www.sandhelden.de